Entré de journal 1970

20 juin 1970, Ham

Combien de choses ont changé en six mois ! La plus importante : la confiance en moi même. Dans mon travail, tout va bien, je suis complètement maître de la situation. Ce n’était pas facile, mais j’y suis arrivée.

J’ai un nouveau laboratoire, je dirige sept laborantines à qui j’ai appris à travailler et trouver le lieu de travail approprié, j’introduis des nouvelles analyse et je fais des modes d’emploi. Et l’ingénieur chef et fort contente de mon travail.

En plus, je me sens belle, ou au moins attirante. Plus heureuse que jamais dans ma vie. Je vis tranquillement et agréablement, plein de bonheur. C'est bon de vivre beaucoup de choses, connaître des gens divers ! Veiller à conserver coûte que coûte ce bonheur. Il est plus complet que jamais.

Vivre séparément de mon mari est bon pour plusieurs raisons, je me suis débarrassé de ce qui avait été le plus dur et je vivrai beaucoup plus comme j’aime et ferai ce qui me plaît. J'aurai la possibilité de m’occuper des choses dans lesquelles j'ai du plaisir : mes enfants, la mer et la natation, les promenades, la musique classique, et quand il serait possible, même l'opéra et les spectacles. Je vais de nouveau jouir de ces plaisirs et surtout, je ne me laisserai plus écraser. Mon père avait eu raison, ce mari n’était pas bon pour moi. J'avais été quand même heureuse pendant longtemps avec lui, ou au moins, contente. Mais ce bonheur-ci, maintenant, c'est une autre chose, plus forte, plus complète, plus aiguë, plus orageuse !

Qu’est-ce que la vie va encore m'apporter ? Ce que j’arrache d’elle. Rien ne vient gratuitement. Ça c'est sûr.


Mon mari se querella avec le fils du propriétaire qui pris les reins et ne voyait de bon oeuil son liaison avec la laborantine, jadis son collegue de classe à l'école. Le mari de laborantine, madone, maîtresse étant revenu de l'armée, ils déménagèrent en région parisienne. D'un coup, Sandou décida à démissioner et partir lui aussi près de Paris à travailler. Nous laissant moi et les enfants à Ham. Le propriétaire de la fabrique m'offrit un logement de fonction dans un maison du centre au deuxième étage. Pierre habitait en bas, côté cour.

"Tu resteras encore longtemps seule!" me dit mon mari avec suffisance, ne sachant pas que je n'étais plus aussi seule qu'il le croyait, déjà. C'était une année absolument merveilleux de ma vie qui commencait alors. Je n'écrivis pas, je ne lisais pratiquement rien non plus, je le vivais. Avec le temps, j'avais l'impression que c'était Pierre mon mari et j'eus mal à rencontrer une fois par mois même, Sandou, qui trouvait normal de continuer à rencontrer en cachette sa jeune maitresse, mais..."


Je vais raconter cela demain, dans un long récit écrit il y a quelques années qui s'appelle "le 101e lieu"

3 commentaires:

Michael Park a dit…

enfin! que c'etait liberant pour toi!

coyote des neiges a dit…

Oui, on sent la remontée, enfin! On sent la Julie qui reprend pied, qui reprend possession d'elle même!

Anonyme a dit…

et on sent aussi que quelqu'un te redonne la confiance que Sandou t'a prise.
quelqu'un te regarde comme une femme, mère, qui arrive à faire tout, travail, enfant, et le reste.
du coup, tu te sent revivre, et cela fait du bien, cela se voit.
et tu es de nouveau toi ;-)
Sophos